Sponsors, billetterie et droits télés

Voilà une manière simplifiée de comprendre comment le football se finance et donc une manière assez facile de comprendre qu’actuellement les temps sont durs pour le sport le plus populaire du monde. Les revenus de billetterie étant quasiment nuls cette saison en raison de la pandémie, les clubs comptaient sur le reste pour assainir leurs finances déjà bien creusées par l’absence de paiement d’une partie des droits télévisuels de la saison précédente. Six journées après le début du championnat 2020/2021, et les présidents de clubs s’inquiètent déjà : Mediapro, principal diffuseur de la Ligue 1 et de la Ligue 2 cette saison souhaite renégocier le contrat. Alors que la LFP se réjouissait de se voir verser plus de 800 millions d’euros chaque année pendant 4 ans dans le cadre d’un contrat historique, voilà maintenant que celle-ci redoute une éventuelle faillite. Le refus par le groupe audiovisuel espagnol du versement de l’échéance du mois d’octobre d’un montant tutoyant les 200 millions d’euros a poussé la LFP à effectuer un nouveau prêt après celui de la saison dernière. Bein Sports et Canal + pourraient alors revenir dans la danse. En effet, la LFP n’a pas du tout envie de céder au « caprice » de Mediapro et envisage alors de rompre le contrat en remettant les droits télés sur la table.

Cependant, il semble nécessaire de se demander comment le football a pu en arriver là ? Comment le sport le plus populaire du monde peut-il à ce point être à la merci de droits télévisuels en risquant à tout moment de faire face à une faillite en cas d’élément imprévisible ?

Le football moderne montre ses limites

L’extrême dépendance d’une grande partie des clubs français à la recette des droits télévisuels a de quoi effrayer. Certains clubs n’étaient pas loin de la faillite à la fin de la saison dernière, que ce soient Marseille, Bordeaux ou encore Saint-Etienne. Ce dernier réalisait pourtant des ventes importantes dont une record le mercato dernier, et pourtant l’ASSE n’a quasiment pas recruté si ce n’est en prêt, ceci montrant bien que sans ces ventes les finances auraient certainement posées problème.

Le 13 avril dernier, plusieurs dizaines de groupes de supporters dénonçaient le système dans lequel végète le football français depuis trop longtemps déjà. Un système où l’on préfère 10000 personnes de moins dans un stade, si celles-ci s’abonnent aux mensualités plus qu’élevées des différents diffuseurs. Ceux-ci reprochaient également la dépendance du football envers ces droits télévisuels : en effet, la survie des clubs dépend du versement de ceux-ci. On voit aujourd’hui que comme de partout, le critère incertain demeure d’où la dangerosité d’une telle allégeance.

Le présent leur donne raison puisque le football français redoute la faillite du seul fait de la remise en question par Mediapro de son contrat.

Pour se relever, le football français et peut-être plus tard européen voire mondial devront à terme repenser un système certes très lucratif pour ceux qui sont à sa tête, mais trop incertain et inégalitaire. Une vision sur le long-terme semble désormais plus que nécessaire, le court-termisme conduisant le football français aujourd’hui à de très grosses difficultés. Ne serait-il pas grand temps de revenir à un football « populaire » défendu par bon nombre de supporters ? Un football où tout le monde trouve sa place, indépendamment de ses finances, un football où l’on préfère voir les fans dans le stade que sur le canapé. Il est bien évident que cela ne se fera pas en un claquement de doigt et qu’une longue réflexion doit être menée réunissant tous les acteurs du football sans exception. Néanmoins, Mediapro lui-même tente d’expliquer son faible nombre d’abonnés par l’absence de public dans les stades. Si même ces acteurs se mettent à dire que le football est moins attractif avec des tribunes vides…

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