20 ans après, ils l’ont fait ! Nous qui nous plaignions de ne pas avoir réellement connu de grande victoire française puisque trop jeunes en 98 et en 2000, nous avons vraisemblablement été entendus et ces Bleus-là nous ont montré qu’on avait raison de croire en eux. Pourtant, rien ne fut simple face à de valeureux et bons Croates, mais les Bleus avaient une bonne étoile pendant ce Mondial, étoile qui va d’ailleurs rejoindre celle de 1998 sur notre tunique. Quel bonheur !

A peine avant 19h dimanche, trois coups de sifflets retentissent dans le stade Loujniki en Russie, le clan français peut exulter comme toute la France d’ailleurs. Notre pays est champion du monde pour la seconde fois de son histoire après une victoire 4-2 face à la Croatie.

Pourtant, le début de match n’est pas du tout rassurant pour l’équipe de France : les Croates monopolisent le ballon et même si aucune occasion franche n’est à déplorer, la sélection Croate semble être bien mieux rentrée dans son match.

Et pourtant, peu après le quart d’heure de jeu Griezmann obtient un coup-franc excentré sur la droite aux 25 mètres. Celui-ci se fait justice lui-même en déposant parfaitement le ballon dans la surface de réparation sans que Subasic ne puisse intervenir. Mandzukic dévie le ballon, mais directement dans la lucarne de son propre but (1-0, 18ème). Des bleus heureux !

Néanmoins cette ouverture du score n’efface pas un début de match pas loin d’être catastrophique pour les Français avec beaucoup de pertes de balle. Ils vont d’ailleurs être punis seulement 10 minutes après avoir ouvert le score : sur un coup-franc concédé par Kanté, les Croates mettent en place une combinaison sûrement travaillée à l’entraînement avec un ballon déposé par Modric sur la tête de Vrsaljko qui remet dans la boîte. S’en suivent des duels à chaque fois perdus par les bleus, Perisic récupère et égalise d’un enchaînement parfait avec une frappe du gauche légèrement déviée par Varane qui trompe Lloris (1-1, 28ème).

Dès lors, tout est à refaire pour les bleus. Le match se rééquilibre alors quelque peu et après la demi-heure de jeu intervient le gros fait de match : sur un corner de Griezmann, Matuidi dévie le cuir au premier poteau sur la main de Perisic. L’arbitre se sert de la VAR et accorde un penalty aux bleus : seconde explosion dans toute la France avant même que le ballon ne soit au fond. Griezmann, encore lui, transforme la sentence, les bleus reprennent l’avantage et ne le perdront plus de la rencontre (2-1, 38ème).

A la mi-temps ce sont donc les bleus qui sont devant au tableau d’affichage mais le score est assez flatteur tant les coéquipiers d’Hugo Lloris auront été en difficulté dans ce premier acte sans toutefois avoir concédé beaucoup d’occasions franches.

Au retour des vestiaires, les bleus sont beaucoup plus dedans, c’est indéniable. Pourtant, les Croates sont à deux doigts de recoller au score : Rebic, excentré à l’entrée de la surface, frappe mais Lloris claque superbement le ballon pour le mettre en corner et éviter une nouvelle égalisation. Les Croates ont peut-être laissé passer leur chance et Mbappé est très proche de le leur faire comprendre 4 minutes plus tard en déposant Vida pour aller affronter Subasic, mais sa frappe est repoussée par le portier monégasque.

Ce n’est que partie remise puisque moins de 10 minutes plus tard, Pogba envoie une merveille de passe à Mbappé qui prend encore une fois la défense croate de vitesse. L’attaquant du PSG centre en retrait pour Griezmann qui s’appuie sur Pogba dont la première frappe est contrée, mais dont la seconde, victorieuse, trompe Subasic sur sa droite alors que celui-ci avait anticipé à gauche (3-1, 59ème).

2 minutes plus tard, on passe tout près du 4-1: sur une reprise acrobatique de Giroud, le ballon revient dans les pieds de Griezmann dont la frappe est déviée in-extremis par Strinic.

A ce moment-là, les Français sont pris d’euphorie et commencent à croire de plus en plus à leur rêve, d’autant plus qu’à peine plus de 5 minutes plus tard, Mbappé profite d’un excellent travail de Lucas Hernandez sur son couloir gauche, pour tromper Subasic (encore une fois pas exempt de tout reproche) d’une frappe sèche à ras de terre (4-1, 65ème).

Que peut-il arriver aux bleus désormais ? Rien… Ah si, peut-être un délit de relâchement, et Hugo Lloris en sera l’exemple : auteur d’une Coupe du monde incroyable illustrée par deux parades exceptionnelles face à l’Uruguay et la Belgique, le gardien des Spurs se troue complètement en voulant effectuer un dribble (ou une passe?) devant Mandzukic. Et cela ne pardonne pas devant un tel renard des surfaces. Le match est relancé (4-2, 69ème). Les Croates se remettent à y croire et Rakitic est tout proche d’offrir aux siens une fin de match de folie mais sa frappe passe à côté du but.

Il ne se passera plus rien et les bleus comme la France entière peuvent exploser de joie une bonne fois pour toute. Notre génération connaît donc enfin un grand succès international après les derniers revers amers de 2006 et 2016. Ce n’aura peut-être pas été l’équipe avec la meilleure qualité de jeu qui aura gagné, mais le foot ne se joue pas que sur cela. La France décroche donc la deuxième Coupe du monde de son histoire et on l’espère, pas la dernière ! L’avenir semble d’ailleurs radieux puisque la plupart des acteurs de cette victoire devraient être présents dans quatre ans au Qatar: Mbappé aura 23 ans, Dembélé 25 ans, Varane et Pogba 29 ans…

Les notes des joueurs :

France

Les joueurs :

Pogba, Griezmann et Mbappé (8,5) : Pour la première fois nous mettons un trio en haut de l’affiche (et plaigniez vous pas, ça aurait pu être un quatuor avec Varane !). Il était trop dur pour nous de les départager : le premier a eu du mal a rentrer dans sa finale mais ensuite, quel régal ! Des passes qui cassent les lignes et surtout le but qui libère tout un pays ! Ensuite Paulo nous aura montré ces talents d’ambianceur dont on doutait un peu moins que ceux footballistiques avant le Mondial…
Grizi aura fini son Mondial en nous livrant sûrement sa meilleure prestation : celui qui est monté en puissance de match en match aura montré que sa patte gauche est très importante dans les moments compliqués, et en toute honnêteté, l’altruisme dont fait preuve Antoine est à montrer à tous les attaquants égoïstes dans les surfaces de réparation.
Enfin Mbappé s’est encore beaucoup appuyé sur sa vitesse et à mis à mal la défense croate plus d’une fois. Il y est même allé de son but pour tuer le match. Quand on voit que ce mec là a 19 ans, on se dit que les bleus ont encore de beaux jours devant eux !

Lloris (5)
Varane (8)
Umtiti (6,5)
Pavard (5)
Hernandez (7)
Kanté (5) remplacé par N’Zonzi (6,5)
Matuidi (7) remplacé par Tolisso (non noté).
Giroud (6,5) remplacé par Fekir (non noté).

Croatie

Le joueur :

Subasic (4) : On met non pas le meilleur mais le pire ! Sa prestation n’est pas non plus catastrophique puisqu’il ne peut quasi-rien sur les deux premiers buts français et intervient bien devant Mbappé en début de seconde période, mais dans une finale le dernier rempart se doit d’être décisif s’il veut ramener le trophée et cela n’a pas été le cas. Il est d’ailleurs loin d’être exempt de tout reproche sur les deux derniers buts français. En même temps, quand t’évolues les week-end face à des Diony ou encore Crivelli, t’es pas forcément habitué à recevoir des frappes cadrées…

Vida (5)
Lovren (6)
Strnic (5) remplacé par Pjaca (non noté)
Vrsaljko (6)
Brozovic (5)
​Rakitic (6,5)
Modric (6)
Rebic (6) remplacé par Kramaric (non noté)
Perisic (6,5)
Mandzukic (5)

La stat’ :

3 : Didier Deschamps est le troisième entraîneur à remporter la Coupe du monde après l’avoir déjà remporté en tant que joueur après Zagallo et Beckenbauer.

Bientôt DD aura plus de trophées que de dents… et franchement c’est pas nous qu’ça dérange ! (Crédit photo : Portail Free)

La France a sombré dans l’ivresse

Partout en France, la vie s’est arrêtée dimanche après-midi pendant plus de 90 minutes. Ensuite, la fête a commencé et s’est poursuivie jusque tôt le lundi matin et pour les plus chanceux jusqu’au lundi soir sur les Champs-Elysées. Le football a encore pu montrer qu’il était un vecteur de lien social en réunissant dans les rues des personnes issues de différents milieux sociaux, de différentes origines, de différentes religions ou encore de différents âges. Et ce n’est pas les quelques incidents (inadmissibles au passage) intervenus à Lyon, Paris ou ailleurs qui enlèveront cela au football, ces individus se servant simplement de ce sport pour commettre leurs débilités…

Dans un contexte plutôt pesant au sein du pays, les bleus ont réussi à redonner le sourire à des millions de personnes et notre génération a enfin pu connaître ce qu’est la joie de fêter un titre de champion du monde, c’est à dire de sauter dans les rues en prenant dans les bras des gens qu’on ne reverra peut-être jamais, mettre tous ses problèmes de côté le temps d’une soirée et surtout célébrer le succès d’une nation à l’image de son équipe, une nation Black-Blanc-Beur.

Nous ne sommes donc plus la maudite génération que nous décrivions quelques jours plus tôt, mais plutôt désormais une génération bénie puisque nous avons eu la chance de connaître ce succès Mondial dans la vingtaine, à contrario de nos parents, ce qui représente pour beaucoup les meilleures années d’une vie. Tout ceci grâce en partie aux nôtres, ceux qui font parties de la même génération que nous : alors merci Kylian, Benjamin, Lucas et les autres !
Néanmoins, nous ne voulons pas en rester là : on veut passer de la maudite génération à la génération enviée que notre descendance citera à son tour quand les bleus iront mal. Alors on prend rendez-vous dans 2 ans un peu partout en Europe et dans 4 ans et demi au Qatar même si le lieu de cette Coupe du monde ne nous ravi pas vraiment et pose encore de nombreuses interrogations sur l’institution qu’est la FIFA…

Du bonheur sur les Champs-Elysées pour une génération non plus maudite, mais très connectée… (Crédit photo : Ouest France)
Et pour ceux qui ne se rappellent plus de leur soirée, on est fair-play on vous montre comment elle a commencé, mais vous seuls savez comment elle s’est finie… (Crédit photo : Le Progrès)
A Sainté, on ne fait pas les choses à moitié : tifo humain en forme d’hexagone rien que ça ! (Crédit photo : Ville de Saint-Etienne)

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