Paris redécouvert par l’archéologie ?

Un nouvel outil vient d’être pensé par la ville de Paris. En effet, depuis quelques semaines, le site internet de la capitale met à disposition une cartographie des différents travaux et résultats de recherche archéologiques effectués sur son sol depuis plus de 170 ans. Curieux, j’ai donc expérimenté ce nouvel outil. Compte-rendu à chaud.

Pour rappel, la publication de tous ces résultats de recherche visait un double public : les chercheurs mais aussi le grand public et les parisiens eux-mêmes. Selon Anne Hidalgo, l’outil permet une redécouverte de la ville : « C’est un outil important qui va permettre à chacun, grand public, chercheurs, en un seul clic, de chercher sur la carte, ce qui se trouve sous un endroit, chez soi, ou son lieu de travail » (propos recueilli par 20Minutes). Et c’est là que le bât blesse, car le non-initié sera très vite déçu par l’absence d’illustrations : ni photos, ni croquis, ni maquettes. Juste la date et le descriptif simplifié des trouvailles.

Néanmoins, cela devrait être changé très prochainement puisque l’INRAP précise sur son site web que la carte sera très bientôt enrichie de photographies et de documents inédits.

La page en ligne de la carte archéologique de Paris

L’outil est relativement simple d’utilisation. Chacun peut choisir l’époque qui l’intéresse à travers les filtres proposés et les différents sites sont référencés par des points rouges. La carte est fluide et l’on peut donc rapidement avoir une bonne approche de ce que pouvait être le vieux Paris. Cet outil sera très utile aux professionnels en attendant la publication des photos des différentes fouilles, qui plairont sans nul doute au plus grand nombre.

Inquiétude au Pérou

C’est sur les sommets escarpés de la Cordillère des Andes que se dresse le somptueux Machu Picchu. Ce lieu au nom de pokémon désigne une ancienne cité et un sanctuaire Inca du XV° siècle. Après l’arrivée des espagnols et la chute progressive de l’Empire Inca, le site fut abandonné avant même la fin de sa construction. Durant l’époque coloniale, ce dernier allait même être complètement oublié pour n’être redécouvert qu’au début du XX° siècle ! Il le fut d’abord en 1902 par un groupe de visiteurs ayant gravé leurs noms dans les pierres du site (Augustin Lizarraga, Gabino Sanchez, Enrique Palma et Justo Ochoa). Enfin, le chercheur britannique Hiram Bingham se rend sur les lieux et le photographie en 1912.

Le Machu Picchu photographié en 1912 par Bingham. Source: National Géographic

Si le site n’a pas attiré immédiatement les foules et restait une destination privilégiée des chercheurs, sa fréquentation est en hausse constante depuis les années 80 et notamment son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1983. Aujourd’hui, la surfréquentation du site atteint un stade critique avec près d’1 million de visiteurs par an, et des statistiques qui tendent à l’augmentation. Seuil critique en effet, puisque l’environnement et le bâti sont très touchés par ce tourisme de masse. L’industrie touristique entraîne une urbanisation forcenée qui s’accompagne de grandes infrastructures pour favoriser l’accueil des visiteurs.

Alors qu’on se le dise, le passionné d’histoire que je suis n’a aucune envie de voir fermer au public ce témoignage exceptionnel du passé. Cependant, le tourisme massif est en train de détruire ce trésor et les projets à venir sont très préoccupants. Le gouvernement péruvien vient d’annoncer la construction d’un aéroport international à proximité du site, pour accueillir davantage de visiteurs. À titre informatif, au-delà de 500 000 visiteurs par an, le Machu Picchu est fragilisé et ne peut être conservé de façon optimale. L’objectif de cet aéroport ? 5 millions de touristes par an. Cherchez l’erreur.

Si la règlementation d’accès au site n’est pas durcie, une catastrophe aura lieu dans les prochaines décennies. Les autorités péruviennes semblent pour l’instant fermer les yeux, ce qui suscite une vive indignation à l’échelle internationale. Nombre d’experts, chercheurs et passionnés s’opposent à cette construction qu’ils annoncent dévastatrice pour le site mais aussi pour la région toute entière. Une pétition en ligne a même été lancée pour s’opposer à ce projet, dont les travaux de terrassement ont déjà débuté. De leur côté les populations locales, dernières héritières du peuple inca, se sentent de plus en plus mises à l’écart et voient dans ce nouveau projet un risque majeur de destruction définitive de leur culture.

Les travaux de terrassement ont commencé depuis mars dernier. Photo : Jorge Luis De La Quintana

L’UNESCO, qui menaçait déjà de placer le site sur la liste du patrimoine en péril, devrait également s’opposer à l’aéroport et envisager cette solution pour ralentir la sur-fréquentation du site. Affaire fâcheuse donc…

Découverte d’un Homme-Oiseau

Alors non, ce n’est pas le teaser du nouveau Marvel, mais bien une découverte archéologique insolite qui avait été faite en Sibérie l’an dernier. Les archéologues l’ont renommé le Birdman en raison du contenu surprenant de la sépulture d’un homme préhistorique datée de -3000 (période de l’Age du Bronze, fin de la Préhistoire). En effet, ce corps a la particularité d’avoir été enterré avec… des becs et des crânes d’oiseau !

Nous n’avons jamais rien trouvé de tel en lien avec la culture Odinov dans tout l’ouest de la Sibérie

À cette époque en Sibérie occidentale, la culture Odinov était semble-t-il la plus répandue. Les principales activités de ces populations étaient la chasse, l’élevage d’animaux, le travail du bronze (élémentaire, à cette époque) ainsi que la confection de céramiques. Cependant, pour Lilya Kobeleva, chercheuse à l’Institute of Archeology and Ethnography, cette découverte est une première : « Nous n’avons jamais rien trouvé de tel en lien avec la culture Odinov dans tout l’ouest de la Sibérie », a-t-elle déclaré dans The Siberian Times.

Voici donc le fameux Birdman, enterré il y a 5000 ans. Source : Institute of Archeology and Ethnography

Entre 30 et 50 éléments osseux appartenant à des oiseaux ont été dénombrés dans la sépulture, localisés principalement autour du cou et du crâne du défunt. La chercheuse précise également que cet ensemble faisait sûrement partie des vêtements du mort, peut-être un collier ou encore une coiffe.

Certains émettent aussi l’idée que ces ossements faisaient partie d’un costume de rituel, cet homme devant avoir une fonction similaire à celle des chamanes. La découverte à proximité d’une seconde tombe renfermant trois corps (un homme et deux enfants) avec des objets de forme particulière appuie l’idée d’un lieu de sépulture particulier.

La seconde sépulture et ses intrigants objets. Source : Institute of Archeology and Ethnography

Des analyses plus poussées permettront sans doute de mieux comprendre ce lieu et l’histoire de ces deux hommes. Stan Lee n’avait donc rien inventé en créant le Vautour en 1963.

Excelsior ! Aurait-il dit…

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