A lire : La première et la deuxième partie.

Au crépuscule d’une carrière bien fournie, Jonathan fait le bilan. Peu de regrets, beaucoup de fiertés, des rencontres et surtout, des souvenirs plein la tête.

Tu as connu une carrière riche (395 matchs, dont 250 en Ligue 1 et 20 en Coupe d’Europe ; 2 titres). Cependant, y’a-t-il quelque chose que tu aurais voulu changer ?

On va dire qu’en étant jeune, j’aurais aimé pouvoir porter le maillot de l’Équipe de France. Je sais très bien que je n’avais pas le niveau international, mais au moins en jeunes, ça aurait été sympa. J’ai été présélectionné avec les Espoirs sans n’être jamais sélectionné. Il faut dire que devant moi, il y avait Ribéry et Jérémy Mathieu donc ce n’est pas la fin du monde, mais c’est dommage d’être dans une présélection et de ne pas goûter à la joie du maillot tricolore et de la Marseillaise. Ne pas avoir joué la Ligue des Champions avec Sainté ou avec Nancy restera forcément un petit regret également.

Après, il y aussi eu cette blessure à Lille, peu de temps avant que Faouzi ne parte, alors que j’avais commencé la saison en tant que titulaire. J’avais joué tous les matchs depuis le début de saison, à Ajaccio, à Esbjerg… Cette blessure a tout remis en cause, puisque Benoît (Trémoulinas) est arrivé ensuite, ce qui m’a fait repasser dans la peau de la doublure.

Tu viens d’évoquer Esjberg, un nom synonyme de souffrance pour les supporters stéphanois. Est-ce ton pire souvenir en vert ?

Non, parce que ce sont des choses qui arrivent et qu’on est tombé face à une équipe qui nous a bien joué. On a fait des erreurs individuelles. Certains pensaient qu’on les avait pris à la légère mais ce n’est pas le cas. Je le prends comme une logique de progression. Cette année-là, on ne passe pas le tour préliminaire. L’année d’après, on passe mais on ne sort pas des poules. L’année d’après, on sort en 16èmes face à Bale. D’année en année, on a été un peu plus loin. Ça nous a servi de leçon, car il a aussi été très difficile de passer Karabükspor l’année d’après. Ce sont des matchs qui nous font murir car même si certains avaient déjà joué des matchs de Coupe d’Europe, c’est un contexte vraiment différent. On ne connait pas les joueurs, les équipes, leur style de jeu, l’ambiance dans le pays et on voyage souvent longtemps… C’est un peu comme la Coupe de France, où il y a des équipes de France. Il n’y a que les grandes équipes qui s’en sortent tout le temps. Donc certes, Esbjerg est un très mauvais souvenir, mais ça a fait grandir le groupe je pense.

Jouer la Coupe d’Europe sous le maillot vert, est-ce particulier au vu de l’histoire du club avec les joutes continentales ?

C’est une grande fierté quand on sait que les Rocheteau, Larqué, etc., l’avaient fait avant nous. Même si ce n’était pas la « grande Coupe d’Europe », je me dirai toute ma vie que j’ai joué la Coupe d’Europe avec Saint-Etienne, comme les grands anciens ! Ce sont toujours des ambiances exceptionnelles. Je suis d’ailleurs allé voir le match contre Oleksandriya en octobre dernier.

En couverture, Loïc, Steph et le petit frère de Florentin

Les clubs français ont souvent eu les plus grandes peines du monde à faire des résultats dans ces compétitions européennes. Comment l’expliques-tu ?

J’ai du mal à l’expliquer honnêtement, car on a de la qualité et de très bons effectifs. Je ne sais pas pourquoi ça se passe comme ça. Il y a des années où ça tourne, d’autres où ça tourne beaucoup moins, et ça fait quelque temps que c’est comme ça. Il y a eu le parcours de Rennes qui n’était pas mauvais l’année dernière, mais voilà, comme je le disais, la Coupe d’Europe, c’est compliqué. Nous sommes allés jouer en Moldavie pendant deux années et cela a été difficile, même si on se sentait plus forts qu’eux. Mais je ne sais pas pourquoi c’est un mal propre aux clubs français.

Tu es aussi un grand lecteur, comment t’est venue cette passion ?

Ça vient de mes parents. Ce sont eux qui, quand on était jeunes, nous ont mis, à mon frère et moi, des bouquins entre les mains. C’est par période mais c’est vrai que parfois, je peux lire trois à quatre livres par mois. C’est un moyen de s’évader, un moyen silencieux de se retrouver avec soi-même, plutôt que de regarder la télé où il y a toujours du bruit, du son. J’aime beaucoup lire en vacances, c’est très reposant.

Quel est ton livre du moment ?

Je viens de terminer L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle, un livre philosophique. J’aime varier les styles. Je lisais beaucoup de polars et d’ouvrages de science-fiction mais il faut s’ouvrir un petit peu à tout. À Sainté, on n’en parlait pas trop dans le vestiaire. Je lisais un peu quand on partait en déplacement mais généralement, on jouait aux cartes. Je sais que Lolo lisait un peu lui-aussi, mais on n’a jamais vraiment discuté de tout ça.

La Brise en 11 questions :

Coupe de la Ligue 2006 ou 2013 ?

2006, car c’était la première. Tout était fou, j’étais beaucoup plus jeune, pas de recul, l’impression de toucher au plus haut niveau… En 2013, il y avait un peu moins d’euphorie. On a eu plus le temps de savourer, mais c’était un peu moins fou pour moi car je connaissais déjà.

La Brise victorieuse (crédits : Yern)

ASSE ou ASNL ?

Je suis obligé de dire joker, c’est trop compliqué pour moi (sourire).

Geoffroy Guichard ou Marcel Picot ?

Geoffroy Guichard.

Christophe Galtier ou Pablo Correa ?

(Rires) Ah honnêtement c’est vraiment très, très difficile ! Je vais dire Christophe Galtier, car j’étais plus mature dans la façon d’échanger avec lui. Pablo Correa, c’était comme un second père pour moi.

Cédric Lécluse ou Loïc Perrin ?

Loïc Perrin.

Il n’y a qu’un seul capi (crédits photo : Le Progrès – Frédéric Chambert)

Le meilleur joueur avec qui tu aies joué ?

Julien Féret. Je réponds toujours la même chose. Ce n’est peut-être pas le meilleur mais le plus doué que j’ai vu et le plus élégant. Il avait une telle facilité technique, une telle fluidité. Je pense que Youssouf Hadji répondrait la même chose. J’ai joué avec Aubame, Max Gradel, Loïc, la Ruff qui étaient tous d’excellents joueurs mais Julien était différent. Quand tu étais dans son équipe à l’entraînement, tu savais que tu allais gagner (rires). Il est sorti un peu plus tard car il avait un jeu atypique, il a dû se faire un peu violence. Je l’ai revu récemment lors d’un match avec le Variété Club de France et il est toujours aussi simple et gentil, ce qui est un vrai plus.

Le meilleur joueur contre qui tu aies joué ?

Je ne sais pas si c’est le meilleur, mais il y en avait un qui m’avait fait très mal : c’est Eden Hazard, à ses débuts. On ne le connaissait pas trop, c’était lors de la 38ème journée, en 2009. J’avais passé une première mi-temps compliquée (sourire). Je ne sais pas si c’est le meilleur, parce que j’ai aussi eu la chance de jouer contre le PSG. Il y avait un joueur que j’adorais, qui n’était pas le plus régulier, un peu à l’image de Julien Féret, c’est Javier Pastore. J’ai su qu’il avait fait des essais à Sainté étant plus jeune, il aurait pu donner quelques coups de main je pense (rires).

Ton plus beau souvenir de joueur ?

Il y en a pas mal, mais j’aime beaucoup une victoire au Vélodrome avec Nancy (3-0, 21 décembre 2008). Je suis impliqué sur les trois buts qu’on marque, et ça nous fait gagner deux jours de vacances avant la trêve hivernale (rires).

Ton plus grand regret ?

Tel que je le disais, celui de ne pas avoir joué pour l’Équipe de France, même en jeunes. Porter le maillot tricolore aurait été une grande fierté pour moi.

Ton livre préféré ?

Les guerriers du silence, une trilogie de Pierre Bordage.

Un message aux supporters stéphanois ?

Restez tels que vous êtes. Merci pour tous les bons moments passés à Geoffroy Guichard grâce à vous, vous êtes le meilleur public français.

Tout est dit : le Chaudron ne t’oubliera jamais, Jonathan ! (crédits photo : Furania Photos)

Merci à Jonathan pour son extrême gentillesse et sa disponibilité !

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