Une communication interne désastreuse

En effet, en interne l’ASSE est bien loin d’être guérie, et Puel a d’ailleurs fait comprendre que ses prérogatives ne concerneraient pas uniquement le terrain mais aussi la structure du club qui est bien évidemment à revoir. Revenons d’abord sur la conférence surréaliste de présentation de Puel durant laquelle nos deux « showman » se sont encore illustrés… C’est notre président du Conseil de surveillance qui a allumé la première mèche en expliquant que Gasset avait été contacté en premier mais cela ne s’étant pas fait, une brèche avec Puel s’était ouverte, tout ceci devant le principal intéressé. Roland Romeyer prônant le côté familial du club n’est pas en reste : en effet, on n’était pas loin du néant du point de vue du respect envers Ghislain Printant qui a pourtant, avec Jean-Louis Gasset, fait un travail exceptionnel durant deux ans à l’ASSE quand le club était au bord du gouffre. Roland Romeyer a d’abord parlé d’erreur de casting puis nous a sorti la désormais mythique réplique des « numéros 1 et des numéros 2 ». Même si le Président du directoire s’est excusé dimanche avant le match, on a du mal à comprendre l’intérêt de ce genre de remarques purement méchantes envers quelqu’un qui semblait aimer profondément le club.

Les Green Angels ont très moyennement apprécié ceci, arborant une banderole avant le derby derrière la tribune en expliquant que l’erreur de casting avait sûrement eu lieu il y a 15 ans, au moment de l’arrivée des deux Présidents.

Pour le moment, Ghislain Printant ne s’est pas encore exprimé et nous attendons ses explications avec impatience car nous avons pas mal de doutes quant aux affirmations de nos deux chers présidents : notamment celle concernant le refus de Printant de retravailler avec Gasset ou encore la demande de Printant de nommer quelqu’un après le match contre Metz.

Une étonnante sérénité sur le terrain

La gestion calamiteuse en interne ne poussait pas les supporters stéphanois à l’optimisme avant de recevoir l’ennemi lyonnais dimanche soir. Même s’il y avait eu du mieux face à Wolfsburg en Europa League, on était encore loin du compte d’autant plus que nos voisins s’étaient quant eux très bien repris en allant battre le Red Bull Leipzig en Allemagne 2-0.

Au moment de l’annonce des compositions, le flou s’installe quand on découvre notamment le retour de Diony dans le 11 de départ, la titularisation du jeune Charles Abi ou encore la relégation sur le banc du meilleur buteur stéphanois de la saison dernière, Wahbi Khazri. Finalement, rien de bien étonnant, Puel ayant décelé par le biais de son adjoint Jacky Bonnevay, présent à Nîmes, un énorme manque de fraicheur dans les rangs stéphanois.

Les supporters stéphanois oublient quant à eux, le temps d’un match les différends qui les opposent au club en ce moment en faisant de Geoffroy-Guichard un Chaudron pendant plus de 90 minutes !

(Merci à Stimmen der Kurve pour ces images)

Le début de match donne raison à Puel, le bloc bas stéphanois fait parfaitement front à des Lyonnais que très peu inspirés, donnant de belles possibilités de contres aux Verts, Diony se battant comme un lion et Abi montrant toutes ses qualités de joueurs dos au but. Les problèmes de ressorties de balle sont malheureusement toujours là, mais beaucoup moins nombreux grâce à un volume de jeu exceptionnel du jeune Youssouf. Boudebouz rayonne également, beaucoup plus trouvé qu’à l’accoutumée, celui-ci a notamment pu démontrer toutes ses qualités de conservation de balle durant l’intégralité du match. C’est d’ailleurs ces deux derniers qui vont permettre aux Verts de s’offrir la plus belle occasion du première acte : Youssouf récupère un ballon à l’entrée de la surface avant d’éliminer 3 joueurs lyonnais et de centrer, Boudebouz est à la réception et sa reprise est sortie par Lopes, bien aidé par son poteau.

Pas grand-chose de plus à se mettre sous la dent dans cette première mi-temps mais pour une fois dans un derby, nous ne tremblons pas.

En seconde mi-temps, pas beaucoup de choses changent si ce n’est qu’Aouar est beaucoup plus touché côté lyonnais et celui-ci arrivera à prendre quelques fois le dessus sur un Saliba pas à son poste, mais pourtant presque toujours aussi à l’aise. La première fois donnera lieu à un but refusé, la seconde à une belle intervention de Moulin et enfin la dernière à un piqué venant mourir à côté des buts. Lyon a laissé passer ses maigres chances, les Verts aussi pense-t-on après deux frappes de Bouanga repoussées par Lopes et un centre que Beric était à deux doigts de reprendre. Mais c’était sans compter sur un scénario purement lyonnais dans un derby : le but dans les dernières secondes. Et cette fois-ci, on inverse les rôles : c’est Beric qui fit exploser le Chaudron d’une tête dans la lunette de Lopes, à la suite d’une galette de Boudebouz.

(Source : Twitter @ASSEofficiel)

Il ne se passera plus rien dans ce derby, si ce n’est une énorme communion entre les supporters et les joueurs, tellement surréaliste quand on se remémore qu’une semaine et demie avant, ceux-ci s’expliquaient de vive voix après une défaite à domicile face à Metz.

Les Verts ont donc laisser passer l’orage qui se tenait en interne pour démontrer une belle force de caractère en remportant l’un des deux matchs les plus importants de l’année. Certains crieront au génie de Claude Puel pendant que d’autres, tel que le principal intéressé préféreront calmer les ardeurs en expliquant que le chemin est encore long à la fois à l’intérieur du club que sur le terrain.

L’arrivée de Puel ne s’est effectivement pas faite toute seule : nul doute que le technicien s’est informé où il mettait les pieds, à savoir dans un club où les entraîneurs ont du mal à s’entendre avec les dirigeants (cf : Gasset, fin Galtier). Claude Puel a donc nommé Xavier Thuilot en tant que Directeur Général du club, tandis que lui-même assurera à la fois la fonction d’entraîneur couplée à celle de Manager Général du club. Celui-ci a donc semblé vouloir « se couvrir » en ayant des prérogatives accrues lui permettant de s’installer dans la durée dans le Forez sans que les Présidents ne lui mettent des bâtons dans les roues. 

L’avenir nous dira si c’est le début d’un nouveau cycle à l’ASSE et enfin du bon !

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