Comme on ne change pas une équipe qui gagne, la plupart des informations de cet article proviennent de : LAFFONT, Pierre-Yves (dir.). L’Armorial de Guillaume Revel : Châteaux, villes et bourgs du forez au XVe siècle. Nouvelle édition. Lyon : Alpara, 2011

Saint-Bonnet-le-Châteausans château !

La ville de Saint-Bonnet-le-Château apparaît en toute logique comme l’une des principales places fortes du sud du Forez. Elle est représentée dans l’armorial de Revel d’un point de vue sud-est, ce qui nous permet de mieux appréhender la forme de cette cité médiévale.

Le village de Saint-Bonnet-le-Château représenté dans l’armorial

Avant son essor, la ville était comprise dans la paroisse voisine de Saint-Nizier-de-Fornas, laquelle abrite également deux églises inscrites à l’inventaire des monuments historiques.

Des seigneurs sont attestés à Saint-Bonnet-le-Château dès 1130 sans qu’il ne soit pour autant fait mention d’un château. Ces derniers accordent des chartes de franchise aux habitants de la ville (ce sont des privilèges et des droits accordés afin de favoriser la prospérité économique voire militaire). Si le château existe probablement depuis longtemps, il apparaît dans les sources à partir de 1239.

Il est représenté dans l’Armorial et situé juste à proximité de la Collégiale. L’armorial est malheureusement le seul élément qui nous permet d’imaginer ce à quoi il pouvait bien ressembler : il n’en reste rien du tout aujourd’hui… Quel nom ironique aujourd’hui !

La Collégiale

En revanche, trône encore la Collégiale Saint-Bonnet, dont la construction a débuté à la fin du XIII° siècle. L’ami Revel put ainsi la représenter dans son armorial.

La collégiale a été fortement remaniée au fil des siècles, l’aspect diffère donc légèrement même si les deux tours, la nef principale et ses vitraux sont toujours présents. Les peintures à l’intérieur y sont assez remarquables.

Une particularité qui rend spéciale la collégiale est qu’elle renferme des « momies ». Lors de réparations en 1837, une quarantaine de squelettes sont retrouvés dans un miraculeux état de conservation. Ce caveau reste à ce jour inexpliqué et reste l’objet de nombreux fantasmes locaux. D’aucuns parlent de victimes du baron des Adrets, ce dernier ayant ravagé le Forez et Montbrison. Cependant, certains corps semblent plus anciens (d’autres plus récents) que les guerres de religion. Le mystère reste donc entier.

Les momies de Saint-Bonnet-le-Château – Crédit : Messortiescultures

Du village ancien, il reste beaucoup de détails incorporés dans les habitations actuelles. En constructions propres, quelques tours et deux portes nous sont parvenues. L’ouvrage cité en début d’article nous les montre :

Le cas de Montarcher

Je me permets de faire un petit écart sur le village de Montarcher. Il n’est pas représenté dans l’Armorial de Guillaume Revel. Cela est sans doute lié au fait qu’il dépendait de la seigneurie de Saint-Bonnet-le-Château. Le bourg, très réduit encore aujourd’hui, comportait un château dont il ne reste que la base du donjon, un cimetière médiéval et l’une des portes du village.

Le village de Montarcher – Crédit : Carnet de traverses

Situés à près de 1100m d’altitude, le village et ses vestiges sont très agréables le temps d’une promenade estivale. Il comporte toujours son église dont la construction a débuté au XII° siècle. Outre le belvédère splendide sur le parvis de cette dernière, se trouve une statuette supposément attribuée à un culte gaulois sur la colline.

Saint-Just-Saint-Rambert

Alors en fait, lorsque l’on évoque cette petite ville au Moyen-Age, on évoque surtout Saint-Rambert. La ville est née en 1973 de la fusion entre les deux anciennes communes qu’étaient Saint-Just-sur-Loire et Saint-Rambert-sur-Loire. Longtemps, la commune de Saint-Just fut appelée Le Pont en référence à l’édifice éponyme qui permettait de franchir ce fleuve impétueux qu’était alors la Loire. Le village le plus développé était celui de Saint-Rambert.

Alors, lorsque Guillaume Revel dessine Saint-Rambert dans les années 1450, il désigne le lieu comme « La ville du pont Saint-Rambert » :

Saint-Rambert-sur-Loire dans l’armorial

Dans l’armorial, la ville est représentée entourée d’une enceinte fortifiée avec au premier-plan un pont en pierre enjambant la Loire. Sur l’autre rive, quelques maisons forment le bourg naissant de Saint-Just. Ce pont n’existe plus aujourd’hui mais l’on sait d’après les archives qu’il a été construit à la fin du XIV° siècle à l’emplacement d’un ancien pont gallo-romain.

Au centre du dessin de l’armorial se dresse l’église Saint-André faisant partie du prieuré Saint-Rambert. Le dessin de Revel présentait un clocher massif surmonté d’une flèche visiblement de forme octogonale. Ce clocher n’existe plus aujourd’hui car l’église, si elle a conservé une grande partie de ses pans de murs médiévaux, a été largement remaniée au fil des siècles. Le début de sa construction date tout de même de plus de 1000 ans ! Aujourd’hui, deux clochers se font face.

L’église Saint-André du prieuré Saint-Rambert – Crédit : Forez-info.com

Au sommet du clocher ouest de l’église se trouve des éléments militaires aménagés au XIV° siècle. Côté Est, un second clocher quadrangulaire remarquable a également été aménagée avec des baies géminées. Si vous êtes novices et que vous vous demandez ce que ça peut bien être, je vous ai mis une jolie photo juste en-dessous :

Le bourg de Saint-Rambert, réputé dès l’époque médiévale pour ses marchands et son commerce, a également conservé une porte de la fin du XV° siècle ainsi que plusieurs maisons à pans de bois de la même époque :

Les habitations et la porte XV° siècle de Saint-Rambert – Crédit : Loire Tourisme

Pour conclure ce tour du Sud forézien, certains se sont peut-être étonnés de l’absence de Saint-Étienne. Si l’on sait pourtant qu’un bourg médiéval existait à Saint-Étienne (pour preuve la « Grand’Église » et la « demeure Chamoncel »), Guillaume Revel ne s’y était pas attardé. Seule l’abbaye de Valbenoîte (actuelle Église Notre-Dame de Valbenoîte) est représentée dans l’armorial en ce qui concerne la ville-même. C’est tout !

Aux alentours de Saint-Étienne, Saint-Victor-sur-Loire ainsi que la Tour-en-Jarez existaient bel et bien et font quant à eux l’objet d’un dessin sur l’armorial.

Au prochain (et dernier épisode) de cette mini-série dédiée à Guillaume Revel en Forez, nous partirons du côté de l’est du Forez avec les villes de Saint-Galmier ou encore de Bellegarde-en-Forez !

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