Histoire de voyager un peu sans sortir de chez toi (confinement oblige), voici un album qui devrait sans nul doute faire le café. As-tu déjà entendu parler de The Midnight, groupe cainri de synthwave originaire d’Atlanta/Los Angeles ?

La synthwave, késako ?

Connue également sous le nom de retrowave (ce qui colle d’ailleurs plutôt bien au concept proposé par ses artisans), la synthwave est un genre musical et artistique qui a choisi de te faire (re)vivre les années 80. Beau projet n’est-ce pas ? Moi, né au milieu des années 90, j’adhère complètement.

Surtout que depuis quelques temps déjà, les eighties ont pas mal la côte avec la sortie d’œuvres revival qui comptent. Que ce soit au cinéma avec Ready Player One en 2018 où tonton Spielberg a une nouvelle fois posé ses énormes bollocks sur le front de tous ses collègues cinéastes ou bien les Suédois dans le milieu du court-métrage avec leur génial et déjà culte Kung Fury en 2015 qui, à ce jour, est toujours le court le plus visionné de tous les temps. Pas dégueu.

Fan art de Kung Fury

En même temps, quand tu as Adolf Hitler, David Hasselhoff, une bodybuildeuse qui chevauche un t-rex et un flic tricératops dans ton film, tu ne peux décidément pas être trop décevant. Et quand on pense que tout ça est né d’un financement participatif, c’est beau putain.

Il y a bien sûr aussi eu l’énorme succès depuis 2016 de la série Stranger Things des Duffer Brothers. Et malgré une saison 3 bien bof, ils ont quand même réussi à me faire chialer comme une madeleine pour le dernier épisode. Fort.

On sait tous que tu vas revenir, petit coquinou 😉

Et puis il y a les jeux vidéos. Impossible de ne pas parler de gaming en abordant la synthwave. Là encore, depuis quelques années, pas mal de jeux ont pris un virage rétro et arborent ainsi une esthétique caractéristique de la synthwave. Pour n’en citer que quelques uns, parce que bordel il y en a à la pelle, tu as les deux tueries que sont les Hotline Miami – avec sa B.O. aux petits oignons dont fait partie le génial James Kent aka Perturbator, musicien français de darksynth – mais aussi 198X ou encore le DLC Blood Dragon de Far Cry 3.

Affiche de Hotline Miami 2: Wrong Number

Et la synthwave, et bien c’est le pendant musical de tout ça. Une musique qui assume clairement ses influences et vit et évolue à travers ces dernières. On retrouve bien sûr le cinéma et les compositions musicales de Big John, du Vangelis ou bien les dessins animés qui ont parcouru et marqué les années 80. Tout dans ce genre musical rappelle une époque que certains ont connu et que d’autres fantasment. C’est tout le côté nostalgique de cette décennie que cette musique tente de retranscrire à travers ses albums. En clair, la synthwave mise vraiment sur la couleur locale. On va pas refaire tout l’histoire du genre même si on peut rappeler que le truc a vraiment commencé au début de la décennie 2010 avec, entre autres, la France et plus particulièrement la scène nantaise et le collectif Valerie. En même temps, en terme d’électro, la France et Nantes ont toujours énormément compté. Et même si tu ne pensais pas connaître ce genre, tu en as forcément entendu quelque part, crois moi.

Fan art de Drive

Si t’as vu Drive de Nicolas Winding Refn sorti en 2011, film qui a d’ailleurs influencé The Midnight, tu as forcément déjà entendu de la synthwave. Les très connus « Nightcall » de Kavinsky ou « A Real Hero » du tandem Electric Youth/College, qui font partie des morceaux les plus mémorables de sa B.O., sont des titres synthwave. Et quand je te disais que la France pèse dans ce game, Kavinsky et College sont des projets français. D’ailleurs, beaucoup (plus spécialistes que moi en la matière) estiment que College fait vraiment figure de point de départ en ce qui concerne la synthwave. Cocorico les gars.

La chaîne YouTube du collectif nantais Valerie vaut carrément le détour.

Kids

L’album Kids sort en 2018 et c’est une des meilleures sorties de l’année.

The Midnight fait de la dreamwave, une synthwave plus douce et romantique et qui, comme son nom l’indique, renvoie à tout un imaginaire fait de matinées entières passées devant les dessins animés, de longues sessions à geeker et à aller au cinéma. Une époque où la seule chose qui comptait vraiment c’était ça justement. Geeker et regarder des trucs cools à la télé et au cinéma. C’est là l’esprit qui ressort des compositions du duo. Un moment dans la vie que tout le monde, je pense, a connu mais qui a vraiment rayonné dans les années 80 et ce encore aujourd’hui.

Le leitmotiv du groupe est Mono no aware (物の哀れ), une phrase japonaise qui traduit un profond sentiment de nostalgie et amène une prise de conscience sur l’état des choses et le fait que rien ne dure éternellement.

Cela renvoie tant à l’empathie que l’on peut ressentir à l’égard d’objets, que ce soit, pour ma part, une bonne vieille VHS de Rox et Rouky, un jouet ayant été particulièrement important à nos yeux dans notre jeunesse, une boite toute rayée de Doom sur PS1, qu’à la nostalgie vers laquelle tous ces artefacts de notre passé nous ramènent.

Un sentiment doux-amer nous traverse ainsi quand il s’agit de repenser à tout ce qui constituait cette époque bénie. Le sentiment d’avoir été témoin de quelque chose de réellement spécial et de très fondateur pour notre construction en tant qu’individu pour la suite, sachant pertinemment que rien de tout cela ne pouvait décidemment durer.

Absolument tout est éphémère et une profonde mélancolie nous investit quand on se met à repenser à tous ces moments de vie. C’est à cet instant qu’on prend réellement compte de leur importance.

Et tout dans le style et le mood se dégageant de la musique de The Midnight rappelle ces moments. Le groupe tente, le temps de quelques morceaux, de partir à leur poursuite et de vivre un peu plus longtemps avec leurs fans cet idéal teinté de nostalgie. Poursuite, le temps de quelques morceaux, vers cet idéal teinté de nostalgie. On flirte tout le temps avec ce sentiment là sur les compositions de The Midnight.

Les amis, je vous laisse avec ce morceau incroyable qu’est « Lost Boy ».

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