La crise sanitaire a eu des répercussions dans toutes les strates de la société, dans la vieillesse comme dans la jeunesse. Quelle étrange façon de vivre le début de la vie d’adulte en étant confiné la moitié de l’année ! Nejma, 20 ans et Adel, 21 ans livrent leurs ressentis sur ce que cette année 2020 a représenté pour eux.

Janvier 2020. Il y a comme une forme d’insouciance à l’égard de ce virus apparu en Chine et dont on commence à entendre parler dans la presse hexagonale. Nejma, originaire d’Avignon, était en prépa scientifique à cette période-là : « Pendant un long moment, on ne se sentait pas vraiment concerné par ce virus. »

Adel, étudiant stéphanois en dernière année de licence d’anglais, a débuté son année 2020 aux États-Unis, où il poursuivait son année d’échange universitaire : « L’année avait bien commencé mais j’ai très vite déchanté, lorsque je me suis rendu compte que mon séjour allait surement être écourté. »

Le confinement qui débute le 17 mars a été une première dans la vie de ces jeunes étudiants, habitués à sortir et à voyager. Dans cette situation inédite, ils ont pu se retrouver en famille. « J’étais hésitant sur le fait de rentrer, mais j’avais besoin de retrouver ma famille » explique Adel. Malgré la surprise d’être confiné aussi strictement, Nejma était plutôt contente de retourner dans sa famille le temps du confinement : « On ne se doute pas que cela sera compliqué au début, car on n’a jamais vécu quelque chose comme cela. »

Là où certains jeunes étudiants boursiers comme Adel et Nejma ont eu des difficultés financières en période de confinement, ces derniers ont pu compter sur le soutien de leur famille. Nejma a bénéficié d’une exonération de loyer pour son logement du CROUS qu’elle a quitté pendant les 55 jours de confinement. Elle a également reçu une bourse pour le mois de juillet qui l’a grandement aidé à faire des économies pour son entrée en école d’ingénieur.

Vivre avec le virus, une nouvelle habitude

L’été a été une véritable bouffée d’air frais. Cela s’est traduit par une impression de retrouver la liberté qui avait été réduite pendant 3 mois de confinement, avec un retour « à la vie normale » malgré la présence des masques.  

Adel en a profité pour sauter sur une occasion de job d’été qu’il a tenu jusqu’à fin août. Il a découvert le télétravail qu’il a préféré au travail en open-space où régnait « une atmosphère anxiogène vis-à-vis du virus et la peur d’être contaminé ».

Nejma est restée principalement dans sa région du sud-est de la France et a passé un été au bord de l’eau. Elle a également pu rendre visite à sa famille dans le sud-ouest. « Je revivais même si je n’ai pas pu partir au Maroc à cause de la crise sanitaire. C’était mon été. Après la prépa scientifique dans ces conditions, je voulais profiter de mes vacances. » , raconte-t-elle un grand sourire apparaissant à l’évocation de ses souvenirs.

La rentrée de septembre a été synonyme d’un nouveau départ pour la jeune avignonnaise qui rentrait en école d’ingénieur à Pau et Adel, en première année de master Didactique des langues (parcours sociodidactique, contacts des langues et des cultures). Malgré l’inquiétude grandissante au regard de l’augmentation des cas de contamination, Nejma était pour une réouverture des facultés : « En première année, on a besoin de découvrir sa promo et son école ». Mais la contamination est trop élevée et les facultés sont de nouveau obligées de fermer leurs portes.

C’est le retour des cours en ligne, déjà difficiles à supporter en mars. Nejma constate tout de même une mise en distanciel progressive qui a permis de reprendre le rythme des cours en ligne. Adel, lui, a toujours du mal à s’y faire, d’autant plus que sa formation n’est pas adaptée pour un suivi à distance.

Ajoutée aux tracas des cours en lignes, la vie sociale de ces étudiants a été mise entre parenthèses. Adel, qui est un aficionado des sorties au restaurant, a eu beaucoup de mal à revoir certains de ses amis qu’il n’avait pas vu depuis son départ aux États-Unis en août 2019. Il explique : « J’avais l’impression d’être loin de mes amis, alors que pour la plupart, on vit dans la même ville.»

Le deuxième confinement annoncé en novembre a été vécu différemment. « Plus souple que le premier », Adel a senti que « l’ambiance était différente avec beaucoup moins de panique comparé au mois de mars ». Pour Nejma, la difficulté résidait dans ces premiers partiels qu’elle a dû passer en distanciel. La fatigue et les distractions sont beaucoup plus présentes à la maison, ce qui rend l’assiduité et l’apprentissage plus compliqués.

Une année d’initiation aux difficultés de la vie

Les rares moments avec les amis et être auprès de sa famille, ce sont les bons souvenirs que Nejma et Adel gardent de cette année. Les mauvais souvenirs sont quant à eux des leçons de vies que ces jeunes adultes ont appris. « C’est un peu comme si cette année, nous n’avions pas vécu. » raconte Adel, touché par la disparition de plusieurs personnes qu’elles soient dans son entourage proche ou non. Le jeune stéphanois décrit cette prise de conscience : « Je me suis rendu compte (…) que tout n’est pas gravé dans le marbre. On peut très vite perdre des choses du jour au lendemain. C’est la nature qui reprend ses droits avec ce virus ».

L’année 2020 aura confronté ces étudiants et le reste de la population à des situations inédites qu’ils n’auraient jamais pensé vivre. À la veille de la nouvelle année, ils espèrent que la pandémie sera une histoire ancienne dont il faudra tout de même apprendre des leçons. La phrase de clôture de ce bilan vient d’Adel : « J’espère que l’année 2021 sera remplie de joie, en comparaison à cette année 2020 assez triste et compliquée ».

La vie n’est peut-être pas un long fleuve tranquille, mais après une telle période, une nouvelle année plus favorable à tous, est fortement souhaitée.

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