C’était une purge. Une de plus offerte par une équipe dont la pâleur aurait pu faire rougir Jonathan Brison et qui n’a dû son salut qu’à un geste d’attaquant de son défenseur central Neven Subotic, auteur de son premier but de la saison. Un but venu récompenser… ben pas grand-chose en fait, si ce n’est une légère maîtrise verte et quelques occasions vendangées par manque d’incisivité. Néanmoins, ça vaut trois points, soit exactement le même nombre que si on avait eu une emprise totale sur le match. Trois points qui valent la perte de Gabriel Silva ? Sûrement pas.

Le 3-5-2 est bien entendu reconduit, avec un axe Subo-Kolo-Perrin, assisté par Gabriel Silva à droite et Polomat à gauche. Bennasser et M’Vila jouent les tauliers dans l’entrejeu, Cabella les assiste un cran plus haut, alors que Khazri est associé à Diony, qui fait son retour dans son ancien jardin. Le début de match est plutôt stéphanois, les hommes de Gasset exerçant une domination stérile, enchaînant les imprécisions techniques, donnant le ton d’un match bien pauvre sur ce plan-là. Fort heureusement, en face, Dijon ne fait guère mieux mais en plus des approximations, les joueurs de Kombouare n’arrivent pas à tenir le ballon, si ce n’est lorsque Kwon et Sliti arrivent à se trouver, à de rares reprises. Nul Dijon, nul nul nul. Khazri, se souvenant que s’approcher des buts n’est pas une spécialité Stéphanoise, s’essaye donc à sa traditionnelle frappe du milieu de terrain. Ça passe encore moins à côté que sa dernière tentative du genre, nous laissant espérer que la prochaine sera la bonne. Une intervention de la tête de Subotic pour priver Tavares d’une belle occasion et deux drops de Cabella plus tard, M. Abed renvoyait les 22 spectateurs aux vestiaires, ne nous laissant rien de vraiment intéressant à analyser. Les verts ont le ballon, la ligne de récupération est assez haute mais les 30 derniers mètres semblent être en montée tant ils rament pour créer un peu de danger.


Après la pause, Chafik alerte Ruffier, puis Khazri, esseulé dans la surface de réparation sur une transversale de M’Vila, manque sa reprise. Le rythme est resté le même, pas trop vite en première, doucement en seconde, et c’est peut-être pour cela que la tuile est arrivée. Transversale étonnement trop longue de Polomat au beau milieu de la masterclass technique du stade Gaston Gerard, Gabriel Silva s’arrache pour contrôler et retombe mal. On sent directement que la situation est grave. Le verdict est sans appel : rupture du tendon d’achille, saison terminée. Après KMP il y a cinq jours, l’ASSE perd un deuxième joueur majeur, le dernier valide à pouvoir occuper décemment le poste de latéral droit. Une tuile de plus pour Papy Gasset qui va devoir encore jouer à Bob le bricoleur. Nordin le remplace.

Les verts se mettent à pousser. Avec une vigueur de sénateur, certes, mais en face, c’est la maison de retraite. Cabella profite d’une remise de Polomat pour se créer la plus grosse occasion du match jusqu’alors mais perd son duel face à Allain avant de tirer dans le petit filet extérieur. Quelques minutes plus tard, Diony s’infiltre sur la gauche de la surface mais son centre en retrait dévié par Khazri ne parvient pas à trouver Nordin. Et finalement, c’est la troisième qui sera la bonne. Dans la foulée, Khazri botte un corner de la droite vers la gauche, sur lequel Subotic, étrangement seul, réalise une reprise de volée d’attaquant qui finit dans le petit filet d’Allain. Imparable mais intriguant : comment peut-on mettre un but pareil et rater une occasion aussi énorme que celle loupée par l’ancien de Dortmund face à Rennes ? Un mystère, mais ça fait bien 1-0.

Derrière, les sénateurs ressortent les pantoufles. Dijon ne se montre pas dangereux, mais inexplicablement, on recule. On aime le frisson, un match sans se faire peur c’est vachement moins drôle. Nordin a failli faire la bêtise de tuer le suspense mais heureusement, son enchaînement contrôle orienté – frappe du droit à bout portant finit sur Allain. C’est alors que les verts ont décidé de pousser le réalisme du scénario à son paroxysme. On joue la 94ème, Yambéré hérite d’un ballon donné par Sliti ou Bennasser, difficile à déterminer. Quoi qu’il en soit, l’ancien Bordelais égalise et fait chavirer de bonheur les supporters Dijonnais qui avaient fait preuve d’un respect immense jusqu’ici en observant 93 minutes de silence. Oui, mais voilà, le héro est hors-jeu d’un bon mètre et peu importe qui a touché le ballon entre le Stéphanois et le Dijonnais, il n’y a pas de volonté de faire la passe si toutefois il s’agit du premier. Le but est ainsi justement refusé, après petite mais crispante consultation du VAR. On reprend provisoirement seuls la 4ème place, à 3 points des vilains et 8 des caniches, tenus en échec par les saucisses quelques heures plus tard. Visuellement indigent, comptablement satisfaisant.

On a aimé :

  • Le parcage et la banderole pleine d’humour : ils étaient plus de 700 à être venus garnir un parcage rempli à ras bord. Les supporters stéphanois ont animé un bien triste stade Gaston Gérard, parvenant comme souvent à se faire entendre toute la rencontre durant malgré l’infériorité numérique. Et en prime, une banderole bien sentie, en référence à l’inoubliable défaite subie en coupe de France il y a quelques semaines.
crédits photo: Furania-photos.fr
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  • Le fair-play du public Dijonnais : sorti sur civière, Gabriel Silva a reçu les applaudissements du public bourguignon, conscient de la gravité de la blessure du latéral stéphanois. Un geste assez rare pour le souligner, et qui n’aura pas manqué de nous donner du baume au cœur.

On n’a pas aimé :

  • La grave blessure de Gabriel Silva et la malédiction du poste de latéral droit : Debuchy, puis Panos, puis KMP, puis re-Debuchy, puis Gabriel Silva : tous les joueurs de l’effectif pro pouvant décemment occupé le poste de latéral droit ont connu une blessure grave depuis le début de saison. En cinq jours, on a perdu deux tauliers, alors que la cheville du titulaire au post semble ne plus tenir qu’à un fil. Ajoutez à cela la sortie sur blessure de Panos avec la réserve la semaine dernière, alors qu’il revenait tout juste de trois mois d’indisponibilité et vous avec le quarté gagnant. Un quinté même, si on ajoute les multiples blessures de notre ex du même poste les saisons précédentes, en la personne de Ronaël Pierre-Gabriel. Qui sera le prochain sur la liste ? On va finir par rappeler Ebondo à ce rythme-là…
  • Le manque d’animation offensive : sans idée ni allant, les verts ont rendu une copie trop souvent vue cette saison. Peu de verticalité, beaucoup de dézonages mais une présence trop légère devant le but, le danger ne semblait pouvoir venir que d’un coup de pied arrêté. Si Nordin a apporté du jus à son entrée, on se demande ce qu’ont bien pu faire Cabella, Khazri et Diony tout le match durant…
  • Le nouveau cri de guerre : franchement ? A des années lumières du « chalalalalalala, ohhhhh Saint-Etienne ». On attend BEAUCOUP mieux dans une équipe souvent avant-gardiste en la matière, et de facto copiée.

Les tops :

  • Subotic : solide, pas toujours serein à la relance mais rarement battu dans le combat physique, le finaliste de la Ligue des Champions 2013 a marqué son troisième but sous le maillot vert, le premier cette saison, offrant trois points précieux dans la course à l’Europe. Une réalisation qui fera du bien à un joueur qui ne vit pas une saison forcément tranquille, entre performances en dents de scie et une grave blessure au crâne contractée face à Bordeaux en décembre.
  • Perrin : on retrouve véritablement notre capitaine depuis plusieurs matchs. Enterrés avant l’heure par bon nombre d’entre nous, Lolo revient à son meilleur niveau. Intelligent et alerte, il a coupé bon nombre de ballons et permis aux siens de ne jamais se sentir en danger (ou presque).
  • Les jeunes entrants (Nordin et Saliba) : on voulait les voir, on les a vu. Dans un rôle de piston droit d’abord puis plus avancé à l’entrée du second, le premier a apporté de l’explosivité et du dynamisme sur son aile, mettant souvent en danger l’arrière garde bourguignonne. Il aurait même pu être décisif s’il s’était montré plus adroit devant Allain, après un bel enchaînement. Il aura sûrement du temps de jeu à l’avenir, avec les nombreuses blessures. Le second, entré dans le dernier quart d’heure, a bien bloqué son aile et apporter une étonnante sérénité à la défense malgré ses 17 ans. La relève est là.

Les flops :

  • Diony : pour son retour dans le stade qui l’a révélé, notre palmier préféré n’a pas beaucoup pesé. Une incursion dangereuse à son actif, mais à part cela, le (quasi) néant. Aucun tir, 20 ballons touchés, 5 perdus : on attend infiniment plus d’un attaquant, surtout quand celui-ci a coûté la bagatelle de 10 millions d’euros. C’est Gaston Gérard qui a du se marrer hier.
  • Khazri : une passe dé sur le but qui vient sauver une nouvelle performance moyennasse de notre top player. Jamais vraiment dangereux, il a raté son enchaînement sur sa seule occasion, ne parvenant à inquiéter la défense dijonnaise que trop rarement et perdant 22 de ses 51 ballons, total le plus élevé du match. Sa présence devant le but est beaucoup trop irrégulière, à cause de son dézonage trop fréquent et de son manque d’initiatives. On attend plus de buts, moins de chakchouka…
  • Abi : bon, c’est un peu sévère de le mettre ici, mais son entrée a été plutôt calamiteuse, à un poste de piston gauche qui n’est certes pas le sien. 8 ballons perdus sur 13 touchés, passes et contrôles ratés en pagaille dont un qui aurait pu s’avérer être dangereux, on espère qu’il se rattrapera en Gambardella ce dimanche face à Nantes parce que pour sa deuxième en pro, ce n’était pas vraiment ça…

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