C’est le week-end, on est content, on va pouvoir geeker fort jusqu’à l’aube tout en écoutant du bon gros son bien fat. Voici donc pour toi un album seyant parfaitement à ce genre d’occasion.

Campaign de Bog Wizard

Un EP quatre titres, premier effort porté par un trio ultra prometteur originaire du Michigan. Fruit d’une décennie de jam sessions journalières entre collègues fans de Black Sabbath. On le sait, le groupe de Birmingham influence toujours autant après presque 50 ans de carrière et derrière n’importe quel groupe de stoner, doom ou sludge actuel qui se respecte un tant soit peu plane l’aura du meilleur groupe de musique au monde. Normal. Et en plus de ça, les trois joyeux lurons, Ben Lombard, Harlen Linke et Colby Lowman citent, entre autres, parmi leurs influences des groupes aussi géniaux que Sleep, Conan ou Electric Wizard. Rien que ça. Campaign nous évoque tout le process créatif d’un groupe, de sa formation, en passant par l’apprentissage de l’instrument, de l’essor artistique de plusieurs individualités en tant que groupe, au rendu final qui, s’il n’est pas tout à fait novateur, aura toujours le mérite de te faire sauvagement dodeliner de la caboche pendant tes interminables soirées de gamer à farmer comme un excité en parcourant les marécages de Nazmir du monde d’Azeroth. WoW, assurément un jeu grandiose pour ses décors. Justement, le groupe dont il est question ici, de par son nom, pose d’emblée un décor et cela se ressent dès les premières secondes de « The Wizard in the Bog ». Les gars de Bog Wizard aiment que ça suinte, aiment l’odeur de la vase ainsi que les bestioles et autres plantes peuplant les berges alentours. Ça grouille à foison. En effet, bog que l’on peut traduire par « tourbière », « marais » ou bien « bourbier » et wizard « mage », « sorcier », nous plonge directement dans un monde à l’air vicié, presque sous-terrain, où la lumière du jour ne filtre que très peu à travers la masse sombre et informe que constitue la végétation ambiante particulièrement dense. Campaign est la transcription sonore d’une incursion dans un monde dont on ignorait tout, jusqu’à sa propre existence mais qu’on fantasmait qu’il fusse réel et ce jusque dans ses moindres recoins. C’est comme se paumer en forêt pendant une balade sûrement trop aventureuse et ainsi perdre de vue l’unique petit sentier nous maintenant, tel un fil d’Ariane, à la civilisation et au temps des hommes, à tout ce qu’on peut connaître. Déboussolé et hagard, on tombe sur un mage, ermite dont l’âge semble nous ramener vers des temps immémoriaux, à l’image de l’illustration imaginée par Kichi Strauss pour l’artwork de l’EP. Le mystérieux individu est en pleine cueillette de champignons hallucinogènes et, pris d’une irrésistible envie d’en savoir plus, on se décide finalement à le suivre discrètement sans se douter une seconde que le sorcier des marais sait pertinemment qu’il est observé, suivi. Lui, ne faisant qu’un avec l’écosystème environnant. La nature, dans son caractère le plus absolu, resserre ainsi inlassablement son étreinte fantasmagorique sur notre pauvre personne. Et, sans le savoir, toujours au gré de ses pas que nous suivons, nous enfonçant toujours plus dans son univers méconnu, nous nous laissons transporter vers quelque chose de fantastique.

L’EP se conclut sur une reprise des Melvins, deuxième meilleur groupe de musique au monde après Sabbath, avec « The Bit », morceau figurant sur leur album Stag sorti en 1996. Et quand t’es directement inspiré par les deux meilleures formations musicales de tous les temps et qu’en plus de ça t’as du talent, le résultat ne peut décemment pas être décevant. Logique. Et quand je disais un peu plus haut que la recette du trio pouvait légèrement manquer d’audace, on peut tout de même noter LA particularité de ce groupe au sein de la scène doom/stoner/sludge actuelle. Le chanteur alterne, tout au long de l’EP, entre un chant guttural, typique du death mélodique suédois, et un chant clair résolument heavy, chose assez rare pour être souligné. Enfin bref, quel voyage et quelle promesse pour l’avenir surtout. Car si je parle de ce groupe aujourd’hui ce n’est pas anodin. Il viennent en effet de publier il y a peu sur leur page Facebook (voir ci-dessous) leur premier clip, « Swamp Golem », nouveau single issu de leur tant attendu premier album From The Mire qui sortira le 3 juillet prochain avec un artwork assurément génial signé Al Seamer.

From The Mire, Bog Wizard
Le Swamp Golem imaginé par Al Seamer

Et puis, dans un programme comme Eclectic Wizard, il était bien normal de faire la « lumière » sur un autre confrère.

KEEP ON ROCKIN!

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