Ça ne vous aura pas échappé, nous sommes sur internet. Sur la toile. Le web. L’invention qui devait s’effacer devant l’hégémonie du minitel. Le réseau mondial informatisé. Cet épisode de Stock Stories est hébergé dans un serveur au Danemark, ou au Chili, j’en sais trop rien. Nous sommes un peu au Danemark, un peu au Chili. Nous sommes sur le net. Donc, il y a des chats. Je vous ai bien eu. Ha. Ha. Youpi. Cachez-moi cet air contrit, acceptez d’être tombé dans mon piège et ayez la défaite digne.

Mais !

Mais ! Vous dis-je avec un enthousiasme auquel se mêlent une certaine ébriété et un vieil air maniaque.

Maintenant que vous êtes là, ça serait trop bête de repartir. Restez ! Restez ! Il y a des petits fours et des rafraichissements, du blanc, du rouge du saucisson.

Vous vous sentez trahis. Je sais. Dupés. Trompés. Blessés, même, quoique ce soit peut-être un peu excessif. Et croyez-moi, je m’en fiche. Car je n’ai pas menti. Non M’sieur le juge ! J’ai dit la vérité, toute la vérité, rien qu’la vérité.

Nous allons parler de chats. Enfin je vais parler. Vous pouvez parler devant votre écran. Allez-y. Essayez… Voilà. Je vous entends pas. Faudrait inventer un truc pour discuter avec les gens sur internet. Un peu comme La Poste, mais en instantané. Un genre d’e-courrier. Ça serait pas con.

Bref, je divague et graisse.

Parlons des chats. Vous savez, ceux-là, qui apparaissent dans une pub sur le côté de l’écran et qui absorbent votre esprit dans leurs adorables yeux et vous charment comme tant de sirènes désacralisées par le Wi-Fi. Et, avant que vous ne le sachiez, vous voilà, deux heures plus tard, en train de finir un article sur l’attention que portait Jean-Baptiste Lully à sa pédicure à la fin de sa vie.

J’ai un doute, on dit le Wi-Fi, ou la Wi-Fi ?

Retenez moi, je m’égare, et pas aux morilles comme l’autre moustachu avec sa guitare.

Prenons un autre exemple, à première vue sans rapport évident. J’étais, l’autre jour, tranquillement assis à soigner mon alcoolisme latent et à me demander ce que je pourrais bien débiter comme bêtises dans le prochain épisode de Stock Stories. J’étais je l’avoue, très concentré et préoccupé par cette page, qui malgré les taches de liquides renversés, restait blanche. Quand soudain surgit face au vent, le vrai héros de tous les temps : mon copain Benoit, qui me prend par le bras pour m’entrainer vers une partie de billard endiablée, comme ça, pour faire une pause. Et je vous jure que le billard ça peut être endiablé. C’est comme le golf.

Croyez-le ou non, trois heures plus tard, j’assistais, pour de vrai, à une conférence sur Jean-Baptiste et sa foutue guibole. Sacré bonhomme, quoique un peu con si vous voulez mon avis.

Le fait est, internet n’a pas inventé les chats. Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers à tourner la tête quand on nous agite un hochet sous le nez. On est un peu comme ces animaux domestiques qu’on essaye constamment de détourner de leur traintrain en faisant des bruits de bisou avec la bouche. Pourquoi on fait ça d’ailleurs ?

Non, attendez. On va prendre un moment-là. Pourquoi on fait ce bruit de succion étrange pour attirer les animaux ? C’est censé leur évoquer quoi ? Déjà à la base, c’est un son que même nous, nous ne rencontrons pas dans la vie. Personne ne fait vraiment ce bruit en faisant la bise. On doit quand même être le seul animal à faire des bruits avec notre bouche pour mimer une bise alors que personne n’en fait vraiment quand il en fait vraiment. Je sais pas si je suis clair. Pourquoi s’attend-on à ce qu’un animal reconnaisse comme affectif un truc qui n’a aucun sens ? Pour lui on a juste l’air vraiment fou ou en plein AVC, donc s’il est pas inconscient le minet, il appelle la police ou le SAMU, selon votre air, menaçant ou non.

Bon, je disais quoi ? Ah, oui, internet n’a pas inventé les chats. Et il y a du plaisir à se laisser distraire de la sorte. A naïvement se laisser guider sans effort vers un inconnu qui finira bien par nous surprendre, à digresser, divaguer.

Portez-vous bien.

A dimanche prochain.

Au revoir.

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