38 ans d’attente pour 900 places

Jeudi 5 Mars, 22h50 : Geoffroy-Guichard explose sur le dernier coup de pâte de Ryad Boudebouz qui vient lécher le poteau gauche de Mendy avant de finir sa course au fond des filets. Quelques minutes plus tard, la pelouse n’est plus verte mais noire (de monde). Le Peuple Vert s’apprête à retrouver Saint-Denis et le Stade de France 7 ans après l’avoir quitté et plus de 38 ans après la dernière finale de cette compétition mythique qu’est la Coupe de France.

Cependant, quelques jours plus tard, le Forez comme le reste du monde se voit confiner, et l’horizon d’une invasion de la capitale s’assombrit. Le verdict final tombe finalement en juillet : seulement 900 supporters stéphanois pourront assister à la finale face à l’ogre parisien. Pour éviter tout tirage au sort, l’ensemble des groupes de supporters a décidé de boycotter à contre cœur l’affiche que tout le monde attend.

A huis-clos ou presque, mais finale quand même

Ces mêmes groupes de supporters l’ont bien rappelé à la fin de leur communiqué, l’objectif reste le même malgré les circonstances : aller décrocher la septième Coupe de France de l’histoire de l’AS Saint-Etienne.

18 juin 1977 : ASSE 2-1 Reims - Finale de la Coupe de France
18 Juin 1977 : Les Verts renversent la vapeur dans les 5 dernières minutes face à Reims grâce à Bathenay puis Merchadier pour décrocher leur sixième Coupe de France (Crédits-photo : https://www.poteaux-carres.com/ )

Il serait en effet bien bête de s’en priver d’autant plus qu’une victoire face au PSG ferait non seulement oublier la piètre saison que les Verts nous ont proposé cette année, mais permettrait également à Sainté de sillonner l’Europe la saison prochaine. Quand l’on connaît l’ADN de l’AS Saint-Etienne, on sait évidemment que celui-ci rime avec campagne européenne.

Nul doute qu’en cas d’exploit et de victoire face au club francilien, le huis-clos serait vite oublié pour laisser place à une grande fête dans les rues de Sainté.

Néanmoins, on est encore loin de cela : en face se dresse le PSG, triple champion en titre en Ligue 1, et vainqueur de quatre des cinq dernières éditions de la Coupe de France. Les matches de préparation de l’équipe parisienne font eux aussi froid dans le dos puisque les hommes de Tuchel se sont imposés 9 à 0 face aux Havrais, puis 7 à 0 face aux Belges de Waasland-Beveren.

Niveau préparation, les Verts ne sont pas mal non plus : 13 buts marqués en 4 matchs, 5 seulement encaissés pour 3 nettes victoires et une défaite face à Anderlecht.

Tous les voyants ne sont pas au vert pour autant.

Le clap de fin aussi triste qu’absurde pour Ruffier

L’homme aux 315 matches en vert et au 117 clean sheets s’apprête à quitter le Forez de la pire des manières. Après s’être vu refuser l’accès au centre d’entraînement de l’Etrat en raison d’un « retard », le Bayonnais devrait être convoqué par la direction stéphanoise pour préparer un éventuel licenciement.

Alors qu’il prenait match après match le statut de légende à Saint-Etienne, Ruffier risque de quitter le navire vert et blanc par la plus petite des portes.

La faute à qui ? Difficile de le dire, Puel semble être arrivé à Sainté pour imposer sa vision du football en donnant primauté au groupe comme il le martèle dans ses conférences de presse. Les privilèges dont bénéficiaient certains cadres n’ont visiblement pas du tout été du goût du natif de Castres et celui-ci a mis peu à peu en place sa philosophie. Impossible de lui reprocher cela quand l’on voit l’envie et l’implication qui étaient mises en début de saison dernière. La rupture semble malheureusement consommée entre le légendaire gardien stéphanois et Claude Puel puisqu’il ne dispute pas la moindre minute des matches de préparation.

Cependant, il est totalement inadmissible de manquer de respect de la sorte à un gardien qui a tant donné au club ces dernières saisons. Que l’on effectue un turn-over pour piquer les cadres dans leur orgueil est tout à fait compréhensible et cela se fait dans tous les clubs du monde. Faire passer un gardien numéro 2 si ce dernier refuse la concurrence (si tel est le cas) fait également partie du jeu, on parle tout de même de football professionnel. Néanmoins, refuser l’accès au centre de formation à un joueur mouillant le maillot depuis presque 10 ans est complètement absurde. Nous avons l’impression de revivre l’éviction de Ghislain Printant, où là encore, le manque de respect fut à son paroxysme. Espérons que cette décision trouve sa source uniquement dans le droit, comme cela a été expliqué en fin de semaine dernière afin que le gardien ne se mette pas à la faute, et que ce ne soit pas un simple excès de zèle de la direction stéphanoise, ce qui serait extrêmement mal venu.

Ce qui est sûr c’est que cela démontre une nouvelle fois que d’immenses progrès sont à faire au niveau de la gestion et de la communication du club, bien que les clés aient été laissées à Claude Puel depuis quelques mois.

C’est dans ces conditions que les Verts vont devoir disputer le match le plus important de leur saison si ce n’est de la décennie. Le Peuple Vert n’en demande pas plus : un nouveau titre, prestigieux qui plus est, et une nouvelle campagne européenne feront largement le bonheur des supporters stéphanois et ce pour un petit bout de temps. Rennes nous a montré le chemin la saison dernière, à nous de le suivre pour soulever, une septième fois, la Coupe de France de football.

« Ooooooooooooh Ryaaaaaaaaad Boudebouz envoie Saint-Etienne au Stade de France »

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