Comment ça c’est pas la bonne saison ? C’est moi qui décide, j’vous rappelle. Ici, aujourd’hui, c’est l’automne. Alors, s’il vous plait, faites comme pour vos enfants quand ils reviennent du centre aéré avec un dessin. Vous dites « oui, oui, c’est bien », et on passe à autre chose. Moi j’ai envie qu’aujourd’hui ça soit l’automne. Et si chez vous vous avez envie de printemps, et ben chez vous c’est le printemps. C’est pas compliqué.

Donc, c’est l’automne. Tut tut ! C’est moi qui dis. C’est l’automne. Et on va se promener. Non mais regardez-moi ça. Du rouge, du jaune, du vert, de l’orange et du rerouge. Et du marron. Mais le marron c’est chiant. Alors du rouge. L’idée qu’un jour un type s’est dit qu’il allait faire des arbres en rouge me fascine. Quel genre de Bob Ross complètement halluciné était aux commandes quand ils ont inventé l’automne ? À tous les coups c’était une blague. C’était le fils du patron, il a mis les bras en croix et il a dit un truc à la con juste pour voir si ça prendrait. Y’en a bien un qu’a dû dire que c’était débile mais ils lui ont tellement pourri la vie qu’on en parle encore aujourd’hui. Il en fallait bien un pour dire qu’il faisait n’importe quoi l’autre barbu en toge là. Ben oui mais à force de changer l’eau du robinet en Château Latour faut pas s’étonner que ça déconne non plus.

Bref, s’il y a bien un truc à garder cela dit, c’est l’automne. D’ailleurs, partons sur de la controverse tiens. Ça me fait pas peur. Vu qu’on en est à aborder les vrais sujets qui fâchent, je m’en fous moi. Je le dis. Seul contre tous. Je vais pas me faire que des copains mais ça fait rien. J’suis un fou. Attention. Je le dis. Ça arrive. J’vais le dire. J’hésite pas moi. Même pas peur. Je jette un pavé dans la mare. Comme ça. Voilà. Le printemps c’est de la merde. Les fleurs c’est pourri bien comme il faut. Je veux dire, hormis pour le droit à la reproduction pour les végétaux je vois pas l’intérêt. Et encore, même à ce niveau-là vous allez pas me dire qu’il y avait pas moyen de s’amuser un peu plus. Ça peut quand même pas être le même type qui a créé les ornithorynques et compagnie. Parce que là c’était marrant. Là c’était sympa. Créer une bestiole pour que toutes les autres puissent se marrer un bon coup.

C’est trop facile, le printemps. Ça fleurit dans tous les coins. C’est la saison des amours, les jours fériés du mois de mai. L’automne ça se mérite. Il fait gris, il pleut, on se les gèle. Il faut lever un peu le nez pour trouver les couleurs. Ça se mérite. Ça tombe pas tout cuit dans le gosier. Faut aller chasser, marcher un peu.

Et allez, j’en entends encore qui râlent donc je vais en parler. Puisqu’apparemment on peut pas y couper. Donc je vais vous le faire en deux parties, façon exposé d’élève de cinquième.

Première partie – L’été.

Je ne comprends pas cet engouement pour l’été. On dirait des lycéens soixante-huitards devant les Beatles. Et cela repose sur 2 arguments qui m’affligent autant qu’ils me fascinent.

Tout d’abord, les vacances. Alors soyons clair. Le camping avec piscine et karaoké le jeudi soir à la Baule, c’est à peu près la vision qu’aurait eu Dante du dixième cercle de l’enfer. Parce que tonton Robert qui vide sa kro le bide à l’air sur un transat en salivant sur les p’tites jeunes pendant qu’une marmaille de mômes en furie assiègent le camion de glaces, je suis désolé, mais c’est l’équivalent moderne du supplice de la roue.

Ensuite, le soleil. Je vous laisserai votre teint rougeaud grimaçant et votre peau de serpent que vous perdrez fin aout. Très peu pour moi.

Deuxième partie – L’hiver.

On va pas se mentir, à part Vivaldi, l’hiver ça emmerde un peu tout le monde. Ça pèle. Il pleut. Et tonton Robert est reparti à dégueuler sa beauferie sur la dinde de Noël. Tout ça en riant gras et en disant « Il est pas dégueu ce picrate », alors que ça fait une heure qu’il gueule pour qu’on lui fasse passer les fonds de bouteille.

Conclusion

Merde… C’est pas l’hiver ou l’été qui m’emmerdent en fait. C’est tonton Robert. Mais du coup, dans mon monde à moi, tonton Robert est sagement en sevrage de bière et de TF1, et c’est l’automne. Comme ça les arbres sont rouges, et je suis peinard.

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