Cette histoire est celle d’une jeune fille qui profite de son temps libre chez elle pour s’octroyer des moments de plaisir personnel. Au salon devant la TV, dans la baignoire, elle ne semble pas s’apercevoir qu’elle est secrètement observée par son voisin… De toute façon, quoi de mieux que de profiter de la solitude et de la chaleur d’un foyer pour se balader ingénue complètement nue et s’accorder des moments de détentes absolument interdites au public! Pourtant, du public, il y en a bien un, et c’est nous. Se déroule alors sous nos yeux les joyeuses distractions de cette jeune fille dont rien ne semble perturber la sérénité et la curiosité des multiples plaisirs et positions. Ce court métrage au visuel simpliste et aux formes abrégées reste muet de toute parole, pourtant, les éléments du récit dialoguent beaucoup. En effet, si l’image graphique est un médium qui n’a aucune limite de monstration — où l’on peut aisément contourner les barrières du réalisable — ici le caractère presque « naïf » du dessin permet un efficace dévoilement de ce sujet encore trop tabou : La découverte du corps et des plaisirs intimes. 

Il est certain que l’approche de la nudité et de la masturbation nous propose un sujet plus qu’intime et privé. Et pour cause, le fait de « priver » le spectateur d’une multitude de détails ou d’un traitement à vous couper le souffle ; le dépouillement des caractères et de la ligne claire, conservent l’oeil des fausses pudeurs. Un dessin à la fois enfantin, libre, pure, mais brut dans sa pertinence à dépeindre un récit à la fois graphique et narratif qui ne passe pas par quatre chemins. La légèreté de l’histoire qui se déroule sur six petites minutes enchaine des actions tout aussi banales que comiques, poétiques et très inattendus.  Le « minou » comparé à l’animal de compagnie tout comme au sexe féminin fusionne dans ces deux appellations, rendant son sujet d’autant plus attachant, amical et familier. Ce « compagnon » qui en a marre de se sentir espionné par son voisin prend littéralement vie et défend son territoire tel un chien de garde se transformant presque en créature démoniaque de Stranger Things… Le film ne perd certes pas de temps à soigner des détails inutiles mais pense tout de même à marquer des fesses trop longtemps assises sur une chaise quadrillée!…

En tout point, l’exploitation d’un thème si peu traité aurait pu s’avéré impudique ou incommodant, mais le traitement radicalement épuré et néanmoins espiègle de CIPKA conserve notre regard sur la masturbation avec humilité et amusement dans une candeur particulièrement libératrice.

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