Les supporters encore une fois stigmatisés

Le « Classico » n’a pas réellement débuté ce dimanche à 21h mais bien avant. En effet, dès la finale de Ligue de Champions le 23 Août voyant le Bayern Munich soulever la coupe aux grandes oreilles pour la sixième fois de son histoire face au PSG, les provocations commencèrent. De la part des supporters Marseillais d’une part, qui n’hésitèrent pas à rallier le Vieux-Port pour fêter la victoire des Bavarois signifiant qu’ils restaient « à jamais les premiers » mais aussi et surtout pour le moment les seuls à soulever la Ligue des Champions en France. Cependant, certains joueurs comme Payet ne se sont pas privés non plus de chambrer le club de la capitale.

Quelques heures avant le début du Classico, de nombreuses banderoles ont fleuri à travers la capitale et la Cannebière, dont certaines bien senties, et dans l’air du temps, et d’autres un peu moins…

Celles-ci n’ont pas tardé à faire parler sur la toile, certains s’en sont d’ailleurs offusqués comme le consultant de Canal+ Pierre Ménès par exemple.

Ne serait-ce pas là que le bât blesse ?

Un « Classico » électrique fabriqué de toutes pièces par les médias

Ce dernier semble en effet avoir la mémoire courte, en oubliant que cette rivalité n’est autre qu’artificielle et créée de toute pièce par ceux qui l’emploient aujourd’hui. Il semble donc aujourd’hui très facile de taper sur les doigts des supporters à tort et à travers quand on a alimenté les débats depuis plus de 20 ans pour rendre cette rencontre électrique. Le « Classico » comme ils l’appellent, dont nous ne nous priverons pas de mettre des guillemets, tant le mot semble factice par rapport à ce que l’on peut trouver à l’étranger pour le même terme. En effet, un Boca-River semble doté d’une histoire que n’a pas l’opposition entre l’OM et les PSG. Les plus anciens supporters Marseillais vous diront même que la rivalité originelle qui anime la Cannebière est celle face à Saint-Etienne.

Néanmoins, cette rivalité entre Paris et Marseille existe et est même exacerbée aujourd’hui, prenant le pas sur toutes les autres rivalités que peuvent avoir les deux clubs. Cela, les médias s’en régalent pour dénoncer « la bêtise » des supporters des deux camps à chaque fois que ceux-ci entretiennent la rivalité. Un peu hypocrite non ? Cela ressemble beaucoup en tout cas aux politiques des banlieues en France, où l’on s’offusque lors d’émeutes alors même qu’on a créé celles-ci tout en parlant « d’égalité des chances ». Et comme à chaque fois, ce sont les plus « faibles » qui sont stigmatisés, par ceux qui à qui on accorde un temps de parole et qui sont souvent en quelque sorte à l’origine des incidents.

« Le Classico de la honte »

Sur le terrain, nous avons assisté à l’un des « classicos » les plus violents de ces dernières années. Dès l’entame, les Parisiens font payer à Payet son tweet le soir de la finale, il est découpé par Neymar puis par Di Maria. A chaque faute, c’est une fourmilière de joueurs qui se retrouve autour de l’arbitre Jérôme Brisard, qui en prendra d’ailleurs pour son grade à l’issue de la rencontre pour n’avoir pas « réussi à tenir le match ». Voilà encore une belle façon de réagir en s’en prenant à l’arbitre plutôt qu’aux responsables. Résultat : la fin de match est un véritable pugilat, avec cinq expulsions, des coups et des insultes à tout va. Racistes, homophobes ? on ne le saura vraisemblablement jamais. Du pain béni pour les médias qui vont pouvoir occuper leurs émissions pendant au moins une semaine. On n’a donc pas fini d’entendre parler de ce « classico » puisque certains ont déjà été lourdement sanctionnés et d’autres comme Di Maria ou Alvaro pourraient l’être également.

Bien sûr que la violence et surtout le racisme et l’homophobie avérés n’ont rien à faire sur un terrain de football (et plus largement dans la société) et qu’ils doivent être vivement dénoncés. Cependant, quand l’on veut d’une affiche chaude, les banderoles, chants intimidants et déclarations fracassantes sont les bienvenus. C’est aussi pour ça qu’on aime le foot.

Il serait grand temps que certains médias se remettent en question et assument enfin leur responsabilité sur certains évènements. En point de vue de supporterisme, d’énormes progrès sont à faire notamment concernant la cohérence. Il est en effet affligeant de voir la déferlante qui a suivi le « Classico » quand l’on sait que les médias jouent un rôle non négligeable dans l’entretien de la rivalité, comme ça l’est de voir des consultants et/ou journalistes sans cesse crier à la bêtise quand des fumigènes sont allumés en tribunes alors que les images sont régulièrement utilisées par les chaînes et donc leurs employeurs pour promouvoir le championnat ou une affiche.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here